Ce qui est amusant, avec cette immonde réclame croisée dans le métro, c’est qu’on peut s’amuser à reconstituer, comme le médecin légiste, la suite d’incidents qui a accouché du monstre. Une chose est sûre, peu de gens ont travaillé sur le projet, sinon il se serait trouvé parmi eux, en vertu des lois de la probabilité, une personne alphabétisée pour signaler que, lorsqu’il s’agit de personnes humaines, on n’emploie pas le verbe “amener” mais “emmener.”

Va aussi falloir amener la vache à l'taureau, vindiou.
Ceci posé, j’imagine très bien des personnes haut placées chez “Sky Europe” fantasmer d’attacher à leur boutique une égérie people, à l’imitation des marques de luxe, et imposer cette contrainte à l’agence. Plus les cadres supérieurs sont grossiers, plus ils aiment, par exemple, choisir eux-mêmes les modèles pour le shooting, chose très justement décrite dans “99F”.Le genre petit patron qui, à la cinquantaine, s’offre une poule de luxe… des pays de l’est.
Une fois l’égérie choisie, on peut deviner qu’ils ont cherché en vain une façon de la rattacher à leur message commercial. La solution est d’une simplicité proverbiale : identifier la blonde avec un avion. Hélas ! S’ils avaient connu l’illustrateur d’Orangina, ils auraient sûrement créé une délicieuse femme-avion. A défaut, ils se sont contentés d’un collage improbable d’où aucune intention droite ne ressort.
On pourrait disserter à l’envi sur le processus de création alambiqué qui a poussé à utiliser un cartouche en forme de post-it mais ce serait faire trop d’honneur à une image qui commence à me fatiguer.